AGRICULTURE CHYPRIOTE

 

Le secteur agricole est marginal, à la fois en termes absolus et relatifs. Son importance pour l’économie du pays a diminué constamment depuis les années 70 et sa contribution au PIB est actuellement de 3.5 % (2003). Ceci est principalement dû à un environnement naturel défavorable ( climat et superficie ), et également de part l’ouverture du marché à la concurrence internationale.  Certains secteurs ( agrumes et pommes de terres ) occupent encore une place importante dans les exportations du pays.

 

La production d’olives et de céréales est avant tout destinée à la consommation intérieure, sans toutefois la satisfaire. En 1999, le taux d’autosuffisance pour les céréales est faible : 13%.

 

Toutefois les productions de pommes de terre, d’agrumes et de vin, destinées aux marchés extérieurs, représentaient 28% des exportations de marchandises en 2000. Les élevages (ovins, caprins, volailles) présents sur tout le territoire servent également à la consommation  intérieure. Le taux d’approvisionnement pour les viandes et le lait dépasse les 90%.

 

 

Peu de foncier cultivable, des accès limités

La partition de 1974 a privé la République de Chypre de la vallée de la Mésorée, zone la plus fertile de l’île. Par ailleurs, dans la partie sud, l’étendue du massif du Troodhos limite le foncier cultivable.

 

La taille des exploitations, 3,5 ha, constitue également un sérieux handicap. Le ministère de l’agriculture favorise le remembrement et les agrandissements d’exploitations viables en se portant acquéreur et en redistribuant des terres appartenant à l’Eglise orthodoxe ou à des propriétaires absentéistes. Le nombre de parcelles aurait ainsi diminué de 60%. En 2002, le gouvernement prévoyait de lancer l’aménagement de 37 nouvelles zones. A ce manque de terres s’ajoute l’insuffisance du réseau routier qui rend difficile l’exploitation de nouvelles parcelles. Depuis 5 ans, le gouvernement mène un programme de valorisation foncière avec construction de chemins et de routes pour rendre accessibles les terres cultivables.

 

Irriguer pour cultiver

Le développement de l’agriculture a longtemps été entravé par de longues périodes de sécheresse. Le recours à l’irrigation est nécessaire. Le gouvernement a mené une politique d’aménagement et de construction de barrage. L’ouest de l’île étant mieux doté en ressources hydriques, des transferts d’eau entre régions sont mis en place pour l’irrigation ainsi que pour l’approvisionnement des centres urbains. Les trois quart du total de la consommation sont destinés à l’agriculture. Pour pallier ce manque d’eau, une solution envisagée est le dessalement d’eau de mer. Mais cette technique reste encore très coûteuse.

 

 

Une pêche principalement côtière

L’activité halieutique est peu développée. Les importations de produits de pêche sont deux fois plus importantes que les exportations. Les captures sont pour l’essentiel le fait de pêcheurs amateurs ou artisanaux, destinées à la consommation locale. Les navires de plus de 12 mètres effectuent leurs activités de chalutage le long des côtes à des profondeurs allant de 50 à 120 m. D’avril à octobre, l’importante pêche pélagique capture environ 100 tonnes d’espadon par an.

 

Une aquaculture aussi importante que les captures

Lancée à la fin des années 60, l’aquaculture représente autant, en tonnage, que les captures en mer. Les principales espèces, élevées dans des cages en haute mer, sont la dorade royale, le bar, la truite arc-en-ciel et la crevette blanche.

 

Une volonté forte d’intégrer l’Europe de la pêche

Chypre a été l’un des premiers pays candidats à conclure les négociations avec l’Union européenne sur le chapitre de la pêche. Les autorités ont déployé d’importants efforts pour adapter la législation aux dispositions européennes et mettre en place les structures administratives et de contrôles capables d’appliquer les obligations découlant de la Politique commune de la pêche (PCP). A cette fin, le gouvernement chypriote a convenu de régler le problème spécifique à l’île des navires étrangers battant pavillon chypriote - pour la plupart russes et ukrainiens.

 

 

 

LA PECHE COLLECTIVE, AQUICULTURE, COMMERCE, TRANFORMATION ET PROMOTION DES PRODUITS HALIEUTIQUES, ENVIRONNEMENT

 

 

La pêche collective

Chypre applique une stratégie halieutique qui vise :

a)      au renforcement de la contribution de la pêche

b)      à la sécurité du revenu des dépendants à la pêche

c)      à la gestion rationnelle et raisonnable des ressources marines, afin que leur niveau reste élevé pendant une longue durée.

 

La flotte halieutique chypriote est considérée peu dynamique en comparaison avec ceux des autres pays européens.

Au cours des dernières années, la pêche côtière et celle des sennes diminuent constamment.

Les résultats des recherches effectuées par TΑΘΕ (Organisme compétant chypriote) démontrent que les ressources halieutiques des cinq principaux types de poissons examinés (rouget, pageau, fretin, « striped mullet », bogue) sont sur-pêchés (60-70%). Selon les prévisions, les ressources trop pêchées ne reprendront pas si la pêche continue au rythme actuel.

 

Refuges halieutiques

La politique du Département de Pêche et de Recherches Marines consiste à créer des refuges halieutiques partout à Chypre, dans le but d’obtenir le mouillage des navires halieutiques en toute sécurité.

Actuellement, il y a onze refuges halieutiques à Chypre.

 

Aquaculture

Aujourd’hui, l’aquaculture représente le 50% de la production halieutique chypriote en volume, ce qui correspond à plus de 60% en valeur par rapport à la valeur totale de ses produits. Parallèlement, elle constitue une partie très importante des poissons consommés, avec un taux de consommation annuelle par personne de 2,4 kg (par rapport à 18,3 kg consommés par personne par an).

 

La contribution du secteur de l’aquaculture à l’économie de l’île a augmenté au cours de la dernière décennie, ce qui est principalement dû au développement de l’aquiculture marine et la commercialisation de ses produits à Chypre et à l’étranger. Actuellement, il y a huit viviers commerciaux de cages de haute mer et quatre couvoirs de poissons de mer. Les principaux poissons élevés sont la dorade (77%) et le bar (17%) La production de l’aquiculture marine présente une augmentation au cours de dernières années.

 

En ce qui concerne la production de l’aquaculture d’eau douce, elle est bien plus limitée en volume, à cause du manque d’eaux. Elle est focalisée à la production de truite, dans les cinq petits viviers de l’île. La production de truite démontre une diminution au cours de dernières années, étant donné qu’elle dépend directement de la sécheresse et des conditions du marché local.


COMMERCIALISATION, TRANFORMATION ET PROMOTION DES PRODUITS HALIEUTIQUES

 

Environ 70% des poissons et autres produits halieutiques consommés à Chypre sont importés, tandis que 30% sont produits sur place. Plus précisément, 8909 tonnes de poissons sont importées en 2001 en comparaison avec les 4129 tonnes constituant la production globale de l’île.

 

La consommation annuelle de poissons et autres produits halieutiques varie s’élève à 18,3 kg environ par personne (2001). En 2001, les 5,4 kg provenait des la production locale (dont 2,1 kg d’aquicultures marines) et le reste de l’étranger.

 

 

Commercialisation de la production de la pêche collective

La petite taille de l’île de Chypre, ainsi que les distances courtes, en combinaison avec la production halieutique relativement petite, facilitent l’adoption d’un système de commercialisation doté de peu d’intermédiaires. Les prix et les conditions de vente sont préalablement fixés, d’un commun accord, tenant lieu de « contrat verbal », entre les pêcheurs et les poissonniers.

 

Commercialisation et promotion des produits d’aquiculture

La commercialisation de la production de l’aquiculture s’effectue à 80% par l’intermédiaire des réseaux traditionnels (producteur-poissonnier).

 

La petite taille des viviers marines de Chypre contribue à l’augmentation du coût de production et la diminution de la production. L’absence d’une « économie d’échelle » les rend moins compétitifs au niveau international et même local.

 

La plus grande partie de la production de poissons d’aquiculture marine est consommée sur Chypre. On estime que seulement le 25% de la production a été exporté en 2001, principalement vers les Etats-Unis, la Russie, l’Israël, l’U.E, et les pays de l’Europe Centrale.

 

Tendances et perspectives de commercialisation/promotion des produits d’aquiculture

L’extension des viviers dans le but d’obtenir des « économies d’échelle » mènera sûrement à l’augmentation des exportations, vu que le marché local ne pourra pas absorber la totalité de la production.

 

Etant donné les nouvelles conceptions diététiques et le niveau de vie plus élevé, on attend une augmentation de la consommation de poissons frais. En même temps, l’expansion du marché local a déjà commencé, avec l’introduction des grandes surfaces dans le système traditionnel de commercialisation, qui rendent les produits halieutiques plus accessibles aux consommateurs.

 

Les importations de produits halieutiques conservés ou transformés augmentent au cours de dernières années (130% pendant la période 1988-1998).

 

On constate en général une orientation des consommateurs vers les produits emballés, prêts à consommer, grâce au rôle des grandes surfaces, constamment plus important.

 

 

Technologie

Le progrès technologique constaté dans le secteur suit un rythme accéléré a un impact très négatif sur les viviers traditionnels dotés d’un équipement obsolète.

On constate un effort d’organisation des entreprises halieutiques selon les nouveaux modèles de l’étranger, basés sur l’utilisation de l’informatique.

 

 

AGRICULTURE 2003 & 2004   ( Approximative)

 

 

      Quantity (tons)

 

 

 

 

2003

2004

 

 

Principaux produits

2002

2003

2004

04/03

Prix courants

  Prix Constant (1995)

Prix courants

 Prix  Constant (1995)

 

 

 

 

 

 

Q'ty

Price

(£000's)

(£000's)

(£000's)

(£000's)

 Cour.

 Con.

A. RECOLTES

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Céréales

141 750

164 740

93 700

-43,1

1,0

20 967

18 228

12 045

10 368

0,57

0,57

Plantes destinées à l'alimentation des animaux

82 638

85 000

80 000

-5,9

1,0

5 017

9 010

4 769

8 480

0,95

0,94

Paille

121 830

122 500

75 000

-38,8

2,0

3 163

6 239

1 975

3 820

0,62

0,61

Pommes de terre

148 500

127 500

130 200

2,1

0,1

22 763

23 452

23 257

23 949

1,02

1,02

Tomates

37 000

35 500

36 000

1,4

0,5